Rire, tousser, courir ou sauter… des gestes anodins qui peuvent parfois s’accompagner de petites fuites …des fuites urinaires. Dans cet article spécial sport, Sphère Santé OUPS! lève le voile sur un sujet encore trop tabou et donne les clés pour bouger en toute confiance, sans gêne ni culpabilité.
Courir pour se vider la tête, enchaîner un cours de cardio, reprendre le yoga ou simplement rire entre amis… Le mouvement fait du bien. Au corps comme à l’esprit. Mais pour certaines personnes, ces moments peuvent être accompagnés d’un phénomène aussi courant que silencieux : les fuites urinaires à l’effort.
Un sujet encore trop souvent mis de côté, alors qu’il concerne bien plus de monde qu’on ne le pense.
Un tabou qui freine le mouvement
Les fuites urinaires liées à l’effort, aussi appelées incontinence d’effort, surviennent lors d’une pression exercée sur l’abdomen : un saut, un éclat de rire, une toux, ou un sprint un peu trop intense. Résultat : une petite fuite, parfois légère, parfois plus marquée qui se transforme en sensation désagréable, en tâche et en gêne.
Et pourtant, malgré sa fréquence, le sujet reste entouré de silence et en empêchement. Beaucoup préfèrent réduire leur pratique sportive, éviter certains exercices, voire arrêter complètement. Par peur, par honte, ou simplement par manque d’information.
Mais non, ce n’est ni “anormal”, ni une fatalité.
Comprendre pour mieux agir
À l’origine de ces fuites, il y a souvent un affaiblissement du périnée, ce groupe de muscles essentiels qui soutient les organes du bas-ventre. Grossesse, accouchement, variations hormonales, pratique sportive intensive ou simplement le temps qui passe peuvent jouer un rôle.
Lorsque ces muscles sont moins toniques, ils remplissent moins bien leur fonction de “verrou”. Et lors d’un effort, la pression devient trop forte.
Bonne nouvelle : ça se travaille.
Bouger, oui, mais autrement
Faire du sport avec des fuites, ce n’est pas renoncer. C’est s’adapter.
Certains réflexes simples peuvent déjà faire la différence :
privilégier des activités à impact modéré (marche, vélo, natation, yoga)
éviter les sauts répétés ou les exercices très brusques au début
penser à expirer pendant l’effort pour limiter la pression abdominale
Mais surtout, il est essentiel de “rééduquer son périnée”. ( ci-joint notre dernier article sur le périnée) Avec un·e professionnel·le de santé, ou via des exercices ciblés, il est possible de retrouver un meilleur contrôle et de pratiquer à nouveau en toute sérénité.
Déculpabiliser pour avancer
Ce qu’il faut vraiment déconstruire, c’est la honte.
Les fuites touchent en France 3 à 5 millions de personnes
Donc non, les fuites ne sont pas rares.
Non, les fuites ne sont pas “sales”.
Et non, les fuites ne définissent pas votre capacité à faire du sport.
En parler, c’est déjà avancer. Que ce soit avec un médecin, une sage-femme, un kiné ou même entre proches, mettre des mots sur ce qu’on vit permet de reprendre le contrôle.
Vers un sport plus libre
Faire du sport devrait toujours rimer avec plaisir, confiance et liberté. Pas avec inquiétude ou gêne.
Alors si parfois ça fuit… on s’adapte, on comprend, on agit — mais surtout, on ne s’arrête pas.
Parce que bouger, c’est vivre. Et ça ne devrait jamais être un tabou.
Quelques mots sur l'auteur :
Pr. Haab
Cet article a été rédigé en collaboration avec le comité scientifique de Sphère Santé, composé de médecins spécialisés en urologie et en chirurgie.
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Date de publication : 20/04/2026
Date de dernière mise à jour : 21/04/2026
Cet article ne remplace pas le diagnostic de votre médecin. Si vous souffrez d'incontinence, consultez votre médecin traitant ou un médecin spécialiste urologue ou gynécologue



