De nombreux médicaments courants favorisent et provoquent des fuites urinaires sans que vous le réalisiez. Diurétiques, antidépresseurs, traitements cardiovasculaires : plus de 40% des femmes de plus de 65 ans prennent au moins un traitement qui favorise l'incontinence. Identifier ces médicaments à risque permet d'adapter votre prise en charge avec votre médecin et de retrouver votre confort urinaire quotidien.
Ces médicaments que vous prenez peut-être et qui favorisent l'incontinence
Les fuites urinaires récentes peuvent avoir une origine inattendue : certains médicaments couramment prescrits provoquent ou aggravent l'incontinence sans que vous en soyez conscient. Cette relation entre traitements et troubles de continence reste souvent méconnue, même de certains professionnels de santé. Plus de 40% des femmes de plus de 65 ans prennent au moins un traitement qui peut influencer leur contrôle vésical. De nombreux médicaments du quotidien favorisent ces désagréments en agissant sur le système nerveux ou les muscles de la vessie. Identifier ces traitements à risque vous permet d'aborder sereinement cette question avec votre médecin et d'envisager des alternatives thérapeutiques.
Comment vos médicaments perturbent votre contrôle vésical ?
Votre vessie et votre système urinaire fonctionnent grâce à un équilibre entre différents neurotransmetteurs et hormones.
De nombreux médicaments interfèrent avec ces messagers chimiques, perturbant la communication entre votre cerveau et votre vessie. Cette perturbation peut affecter votre capacité à percevoir le remplissage vésical, à contrôler les contractions ou à maintenir la fermeture de vos sphincters.
Certains traitements agissent directement sur les récepteurs du muscle vésical, modifiant sa contractilité naturelle. D’autres influencent la production d’urine, augmentant le volume à éliminer et surchargeant le système de continence. Cette surcharge peut révéler ou aggraver une fragilité périnéale préexistante passée inaperçue.
Les effets urinaires indésirables apparaissent souvent progressivement, plusieurs semaines après le début du traitement. Cette évolution lente explique pourquoi le lien entre vos nouveaux médicaments et vos troubles urinaires récents n’est pas toujours évident.
Antidépresseurs et anxiolytiques : des médicaments à effet anticholinergiques
Les antidépresseurs tricycliques et certains anxiolytiques possèdent des propriétés anticholinergiques qui perturbent la contraction de la vessie. Ils peuvent paradoxalement provoquer à la fois une rétention urinaire et une incontinence par regorgement, rendant le diagnostic plus complexe.
Vous pouvez éprouver des difficultés à initier la miction, une sensation de vidange incomplète, ou des fuites par débordement lorsque la vessie est trop pleine. Ces symptômes variés masquent parfois l’origine médicamenteuse du problème et retardent l’identification de la cause réelle.
Les nouveaux antidépresseurs(ISRS, IRSN) présentent généralement moins d’effets anticholinergiques, mais peuvent néanmoins influencer le contrôle vésical par d’autres mécanismes. La sérotonine intervient dans la régulation vésicale et sa modulation par ces traitements peut affecter la continence.
Les médicaments cardiovasculaires à surveiller
Les inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC) et les antagonistes des récepteurs de l’angiotensine (ARA II) peuvent déclencher une toux chronique qui sollicite intensément le plancher pelvien. Cette toux répétée crée des à-coups de pression abdominale qui, sur plusieurs mois, peuvent affaiblir les mécanismes de continence.
Les bêta-bloquants influencent indirectement la fonction vésicale en modifiant l’activité du système nerveux sympathique. Certaines femmes développent une rétention partielle ou des difficultés mictionnelles avec ces traitements, surtout en cas de faiblesse préexistante du muscle vésical.
Les inhibiteurs calciques peuvent entraîner une relaxation excessive du muscle vésical, compromettant sa capacité à se contracter efficacement pour la vidange. Cette hypotonie peut créer un résidu post-mictionnel favorisant les infections et l’incontinence par regorgement.
Somnifères et sédatifs : des médicaments perturbateurs nocturnes
Les benzodiazépines et les hypnotiques perturbent le cycle de sommeil et peuvent diminuer la réactivité aux signaux vésicaux nocturnes. Vous pouvez dormir si profondément que vous ne percevez plus le besoin d’uriner, entraînant des épisodes d’incontinence nocturne inhabituels. Ces médicaments altèrent aussi l’équilibre et la coordination, augmentant le risque de chute lors des déplacements nocturnes vers les toilettes.
Les somnifères de nouvelle génération (zolpidem, zopiclone) ont théoriquement moins d’effet sur le contrôle vésical, mais peuvent tout de même perturber l’architecture du sommeil et la perception des sensations corporelles nocturnes.
Les traitements alternatifs pour améliorer le sommeil
De nombreuses approches non médicamenteuses peuvent remplacer efficacement les somnifères sans favoriser l’incontinence. La thérapie cognitivo-comportementale du sommeil améliore durablement la qualité des nuits en modifiant habitudes et pensées autour du coucher. Les techniques de relaxation comme la méditation ou les exercices de respiration facilitent l’endormissement naturel. Votre médecin peut aussi proposer des alternatives plus respectueuses de votre confort vésical : mélatonine à libération prolongée, antihistaminiques sédatifs ponctuels, ou phytothérapie adaptée à votre profil et à vos contre-indications.
FAQ :
Quels sont les médicaments qui peuvent provoquer des fuites urinaires ?
Plusieurs classes de médicaments peuvent induire ou aggraver une incontinence. Les antidépresseurs et anxiolytiques, via leurs effets anticholinergiques, perturbent la contraction vésicale. Les traitements cardiovasculaires, comme certains antihypertenseurs ou les bêta-bloquants, ainsi que les sédatifs tels que les benzodiazépines, modifient également les signaux nerveux ou la tonicité des muscles du système urinaire, favorisant les fuites.
Pourquoi certains traitements pour le cœur aggravent-ils l'incontinence ?
Les médicaments cardiovasculaires agissent par plusieurs mécanismes. Les inhibiteurs de l’enzyme de conversion peuvent provoquer une toux chronique qui affaiblit le plancher pelvien par hyperpression abdominale répétée. D’autres, comme les bêta-bloquants ou les inhibiteurs calciques, peuvent altérer la contractilité du muscle vésical ou perturber les signaux nerveux sympathiques essentiels au contrôle de la continence.
Comment les antidépresseurs peuvent-ils affecter le contrôle de la vessie ?
De nombreux antidépresseurs, notamment les tricycliques, ont des propriétés anticholinergiques qui diminuent la capacité de contraction du muscle vésical et favorisent la rétention. Lorsque la vessie se remplit sans pouvoir se vider correctement, une incontinence par regorgement (ou débordement) peut survenir, entraînant des fuites involontaires et paradoxales.
Quel est l'impact des somnifères sur l'incontinence nocturne ?
Les somnifères, en particulier les benzodiazépines, induisent un sommeil profond qui diminue la perception des signaux de remplissage vésical. Cette sédation altère les mécanismes de réveil nocturne normalement déclenchés par le besoin d’uriner. Le contrôle volontaire du sphincter se relâche alors, pouvant entraîner des épisodes d’énurésie nocturne, aussi appelée incontinence nocturne.
Quelques mots sur l'auteur :
Pr. Haab
Cet article a été rédigé en collaboration avec le comité scientifique de Sphère Santé, composé de médecins spécialisés en urologie et en chirurgie.
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Date de publication : 13/01/2026
Date de dernière mise à jour : 10/12/2025
Cet article ne remplace pas le diagnostic de votre médecin. Si vous souffrez d'incontinence, consultez votre médecin traitant ou un médecin spécialiste urologue ou gynécologue



