Déroulement d'une consultation pour une femme

La bonne prise en charge de l’incontinence passe par le dialogue avec son médecin. C’est à partir d’un dialogue simple sur les symptômes et les antécédents que le médecin pourra vous orienter vers la bonne prise en charge. Le diagnostic d’une incontinence repose avant tout sur l’interrogatoire et sur l’examen clinique.

Le dialogue (l'interrogatoire)

L'échange avec le médecin est fondamental car il permet d'identifier les antécédents gynécologiques, obstétricaux, médicaux ou chirurgicaux et ainsi orienter la personne souffrant d'incontinence vers un urologue, gynécologue, urodynamicien, neurologue en fonction du diagnostic établi. Cet échange permet d’apprécier de façon subjective les circonstances déclenchantes (à l’effort, par impériosités ou permanentes), l’importance des symptômes (nombre de protections urinaires quotidiennes) et le retentissement sur la qualité de vie. Cet ensemble d'informations a pour but de comprendre le mécanisme de l'incontinence afin de touver le traitement adéquat.

Aussi le médecin spécialiste vous fera préciser votre statut hormonal ainsi que vos antécédents gynéco-obstréticaux :

Détermination du statut hormonal :

Détemination des antécédents obstétricaux :

L'ensemble de ces questions a pour but d’apprécier subjectivement une faiblesse du périnée. Il vous sera également demandé vos antécédents médicaux-chirurgicaux (diabète, maladie neurologique, constipation, chirurgie pelvienne…), vos prises médicamenteuses, notamment à la recherche de médicaments ayant une action sur la fonction sphinctérienne.

"(...) il est primordial d’interroger en détail les patientes dans le but d’évaluer le type d’incontinence dont elles sont atteintes. Des questions précises, permettront d’emblée de classer l’incontinence : incontinence à l’effort pure (celle que nous préférons car c’est celle que l’on a le plus de chances de pouvoir guérir en première intention), incontinence urinaire par impériosité, incontinence urinaire mixte. L’interrogatoire précisera en outre les antécédents médicaux, chirurgicaux et obstétricaux de la patiente, de même  que les traitements pris au long cours. Il est par exemple clairement établi que les accouchements multiples par voie basse sont des facteurs de risque d’incontinence urinaire d’effort, ou que le diabète favorise l’incontinence par impériosité."

Extrait de l'interview du Docteur Moulinier Chirurgien Urologue à Compiègne.

Découvrez l'interview dans son intégralité

L'examen clinique

Un examen clinique peut être effectué afin de déterminer le type d’incontinence et son origine. Pour cela, différents actes peuvent être effectués permettant de :

L’examen clinique se pratiquera souvent en position gynécologique, parfois en position debout. Il consiste en un examen gynécologique à l’aide d’un instrument permettant d'élargir la cavité vaginale (spéculum), d’un examen urologique et parfois associé, dans certains cas, à un examen neurologique.
Chaque temps de l’examen sera fait au repos, en poussée abdominale et à la toux.
L’examen à la toux permettra  d’objectiver une fuite d’urine à l’effort.
L’examen au spéculum permet de dépister un éventuel trouble de la statique pelvienne responsable d’un prolapsus plus communément appelé descente d’organe. Ce prolapsus peut être au dépens de la vessie et, ou de l’utérus et, ou du rectum.

"(...) La deuxième étape après l’interrogatoire est bien évidemment d’examiner la patiente. Les fuites peuvent être observées sur la table d’examen en demandant à la patiente de tousser la vessie pleine. Si les fuites disparaissent lorsque l’on remonte le col de la vessie à l’aide de deux doigts intra-vaginaux (ce que nous appelons la manœuvre de Bonney) il y a tout lieu de penser qu’un éventuel traitement chirurgical (qui reproduit cette manœuvre) sera couronné de succès. L’examen clinique permet également de rechercher des éléments de prolapsus qui peuvent être souvent associés à l’incontinence urinaire d’effort.

Un interrogatoire précis et un examen clinique complet permettront donc dans un premier temps de confirmer le diagnostic d’incontinence, de préciser son type, et de préciser les pathologies associées (prolapsus), sans avoir à ne prescrire aucun examen complémentaire."

Extrait de l'interview du Docteur Moulinier Chirurgien Urologue à Compiègne.

Découvrez l'interview dans son intégralité

Les examens complémentaires

En fonction de l’interrogatoire et de l’examen clinique, des examens complémentaires ciblés seront à réaliser.
Un Examen Cytobactériologique des Urines (ECBU) afin d’éliminer toute infection urinaire qui puisse expliquer les troubles urinaires.

Une cystoscopie vésicale si les troubles urinaires sont dominés par des impériosités, et ceci afin d’éliminer une tumeur de la vessie ou la présence de corps étrangers dans la vessie tels que des calculs. Cet examen se réalise en ambulatoire et consiste à examiner l’urètre et la vessie par les voies naturelles à l’aide d’un fibroscope muni d’une caméra à son extrémité.

Un bilan urodynamique (BUD) qui a pour but d’évaluer le fonctionnement de votre vessie et de son sphincter durant les cycles de remplissage et de vidange de la vessie. Il sera demandé devant une incontinence par impériosités, devant une possible incontinence d’origine neurologique et avant tout geste chirurgical envisagé. Il consiste en une association de plusieurs tests, chacun servant à évaluer des éléments particuliers de la fonction vésicale. Cet examen dure en moyenne une demi-heure. Lire l'article sur le bilan urodynamique.

"(...) Les patientes ayant déjà pratiqué de la rééducation avec échec de celle-ci ou présentant des fuites majeures (déclenchées par des mouvements minimes avec port de garniture en permanence) pour lesquelles il y a tout lieu de penser que la rééducation, même bien conduite, n’aura pas l’effet escompté. Dans ces cas, il n’est pas déraisonnable de passer d’emblée à la deuxième étape qui est toujours une étape de diagnostic avec une exploration un petit peu plus poussée appelée  bilan urodynamique.

Le cas des incontinences par impériosités ou mixte est complètement à part car il doit faire rechercher des pathologies irritatives de la vessie telles que calcul ou tumeur ou des anomalies du contrôle de la vessie (maladies neurologiques)."

Extrait de l'interview du Docteur Moulinier Chirurgien Urologue à Compiègne.

Découvrez l'interview dans son intégralité
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Date de dernière mise à jour : 30/10/2017

Cet article ne remplace pas le diagnostic de votre médecin. Si vous souffrez d'incontinence, consultez votre médecin traitant ou un médecin spécialiste urologue ou gynécologue

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